C’est avec les stigmas de la pluie nocturne que nous nous sommes réveillés pour ce jour de fête nationale. Avec les stigmas de la pluie nocturne et Marignan, pour varier de l’hymne national.

Autre variation dans les routines, pour fêter dignement la Suisse, la cuisine nous avait préparé des petits pains pour le petit déjeuner (vivement le grand déjeuner…).

Mis à part cela, la matinée a été assez classique, si ce n’est qu’elle s’est trouvée quelque peu raccourcie, en vue du programme de l’après-midi.

Clara nous a ensuite parlé de la première section du Notre Père concernant nos propres besoins : « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ». Ainsi, nous avons vu que Dieu sait ce dont on a besoin, nous donne ce dont on a besoin et veut qu’on le lui demande.

Le but du raccourcissement de la matinée était de permettre à tout le monde de pouvoir, d’une part préparer son sac pour le bivouac, et d’autre part charger dans le van les sacs de couchage et couvertures.

Comme dernier repas avant le départ, nous avons eu droit à de la salade de quinoa et du tiramisu.

C’est donc pleins d’énergie que nous avons entamé notre ascension vers Saustal. Tant que nous montions, le temps était lourd mais sec. Une fois arrivés à moins d’un kilomètre du lieu de bivouac, la pluie a commencé à tomber. Le temps de traverser un enclos de chèvres et nous nous sommes réfugiés dans un sous-bois pentu, auparavant squatté par l’Aîné 1.

C’est là que nos 47 campeurs ont pu faire leur médite par troupes. La fin de ce temps privilégié a presque coïncidé avec la fin de l’averse.

Nous sommes donc sortis de notre abris et avons fêté le retour du soleil et l’apparition d’un arc-en-ciel en dansant et chantant. L’équipe cuisine est arrivée à ce moment-là avec nos affaires de couchage et le souper.

Et la pluie est retombée de plus belle. Le sous-bois n’étant pas loin, nous y sommes restés encore un moment.

Il a ensuite cessé de pleuvoir (cette fois pour de vrai) et nous avons pu nous revigorer avec une salade de patate et un moelleux au chocolat du tonnerre (sans mauvais jeu de mots).

Est ensuite venu le temps de la veillée. Puisque nous n’avions pas le droit de faire de feu, la traditionnelle soirée témoignages s’est déroulée dans nos sacs de couchage (nous étions sur des bâches, pour moins d’humidité). C’est donc dans cette ambiance de soirée pyjamas open air que plusieurs staffs ont pu raconter ce que Dieu avait fait dans leur vie.

Nous avons ensuite dormi (ou du moins tenté) aux belles étoiles (bah oui, il y avait plusieurs étoiles dans le ciel) et le spectacle était plus beau que les habituels feux d’artifice du premier août.

Un autre spectacle saisissant a été celui que nous avons observé à notre réveil. Et il ne s’agit pas de l’arrivée de l’équipe cuisine avec le repas, mais de la luminosité dorée du soleil sur les montagnes conjuguée à une lune encore haut dans le ciel.

Le camp s’est ensuite séparé en plusieurs groupes de marche.

Le groupe de la moyenne marche est parti en dernier et a rejoint le Sulsee, un petit lac de montagne, pour midi. Les campeurs et le staff y ont pu faire trempette, malgré la froideur de l’eau, ou se faire manger les pieds par des petits poissons. D’ailleurs, il est peut-être temps de casser un mythe. Après une observation rigoureuse du comportement de ces poissons, nous sommes arrivés à l’hypothèse que ces derniers ne viennent pas nous manger la peau morte des pieds mais plutôt picorer la vase qui vient régulièrement se déposer sur nos membres pédestres.

La grande marche, partie en premier avec pour objectif d’atteindre la Schwalemern puis de redescendre par le Sulsee, s’est scindée. Certains sont redescendus et arrivés au Sulsee au moment où le groupe de la petite marche quittait les lieux. Ce fut l’occasion d’échanger les impressions sur la marche et sur la température de l’eau. Eux aussi ont pu faire trempette avant de redescendre vers le chalet.

Le reste du groupe a bel et bien atteint la Schwalemern et y a dîné. Ils sont ensuite redescendus, en passant par de la neige et ont atteint le Sulsee, où, vous vous en doutez, ils se sont baignés.

L’arrivée au chalet ne s’est donc pas faite en un seul bloc. Alors que les premiers ont encore pu profiter du soleil, les derniers ont fini sous une pluie battante (c’en est presque lassant, à force).

Heureusement pour tous, des lasagnes savamment assaisonnées nous attendaient. La pluie s’est d’ailleurs arrêtée et nous avons même pu observer deux arcs-en-ciel .

Philippe nous a ensuite parlé de la prochaine section du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses comme nous les pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Il a repris la parabole où un roi remettait une dette équivalant à 200’000 années de salaire puis que le serviteur ainsi gracié se trouvait être impitoyable envers un compagnon lui devant trois à quatre mois de salaire. À partir de cette parabole, nous avons vu qu’il est impératif pour un chrétien de pardonner puisque Dieu nous a pardonnés le premier.

La journée s’est terminée avec le film War Room, portant sur la prière.

Nos 47 campeurs sont maintenant couchés sur la paille, ce qui est éminemment plus confortable qu’à même le sol.

Le groupe au sommet de la Schwalemern
Les marches peuvent parfois donner lieu à des discussions animées